Tryo a hâte de retrouver la scène bretonne

Avec plus de 20 ans de scène à son actif, Tryo reste un groupe engagé et positif. Il est de retour en Bretagne comme en atteste Guizmo (assis sur le piano) que nous avons interviewé.

Il nous manquait depuis « Ladilafé » en 2012. Tryo est de retour avec « Vent debout », son dernier album sorti dans les bacs en fin d’année dernière. Après avoir écumé les grandes salles françaises tout l’hiver, le groupe s’apprête à tourner dans les festivals, sa scène de prédilection. Guizmo nous parle de cet album, du groupe et de la Bretagne où il vit entre deux concerts.

Qu’il est loin le temps de M’Panada dans les années 90. Guizmo et Manu qui avaient formé ce groupe ne se doutaient certainement pas que la musique les mènerait un jour à Tryo. Depuis plus de 20 ans, le groupe qui a son style bien à lui, écume les scènes françaises avec optimisme tout en parlant de ce qui dérange ou fait mal. Guizmo, Manu, Mali et Danielito (sans oublier Bibou l’homme de l’ombre) ont conquis les générations et il est courant que parents et enfants se déplacent ensemble en concert les écouter. « Notre public est aujourd’hui intergénérationnel » convient Guizmo, à la voix si reconnaissable. En vacances quelques jours en famille dans son fief de la Bretagne romantique, l’auteur, compositeur, guitariste et chanteur s’est prêté au jeu des questions-réponses.

L’Hebdo d’Armor : De quoi se nourrit Tryo aujourd’hui ?
Guizmo : Depuis ses débuts, Tryo se nourrit d’une vision ouverte sur le monde, de la tolérance, du combat écologique, des voyages, des rencontres et des gens d’une façon générale. Dernièrement, les attentats, le quinquennat de François Hollande, la montée de l’extrémisme et du communautarisme ont été des sources d’inspiration que nous avons décidé de tourner en positif afin d’aller vers une France ouverte. Au fond, nous sommes restés les mêmes, même si notre musique a évolué.  Nous avons juste quelques années et quelques enfants en plus…

L’HA : Vent debout, que faut-il retenir de ce dernier album ?
Guizmo : Face à des vents contraires comme la morosité actuelle, l’avancée terrifiante du Front National ou les regards anxieux post-attentats, cela veut dire que dans cette France de peur et de déçus, il reste des gens qui veulent aller de l’avant et rester debout. Le mouvement Nuit debout ou l’appel de Nicolas Hulot en sont des exemples.

L’HA : Pourquoi avoir écrit une chanson sur Paul Watson ?
Guizmo :
C’est un grand militant écologique et nous sommes convaincus par les actions de Sea Sheperd. L’association monte d’ailleurs un stand sur nos concerts. Nous avons proposé ce morceau par l’intermédiaire de Lamya Essemlali, sa seconde et présidente de l’association France. Paul Watson a donné son accord. Cela nous a rendus fous de joie car on aime beaucoup cette chanson qui a d’ailleurs été « clippée » avec des images de Sea Sheperd. Nous avons en projet d’aller rencontrer Paul Watson au Québec ou aux Etats-Unis d’ici peu.

L’HA : Vous intéressez-vous aux élections 2017 ?
Guizmo :
Nous restons hors du système politique même s’il nous arrive d’échanger avec ceux et celles de ce monde. En ce qui me concerne, j’ai voté aux primaires.org en faveur de Charlotte Marchandise, une femme pleine de courage et aux idées nouvelles. Pour les législatives, la candidature de François Ruffin dans la Somme, le réalisateur du film « Merci patron » pourrait être soutenue par Tryo.

L’HA : Vous président, quelle serait votre première mesure ?
Guizmo :
La création d’assemblées citoyennes. Cela permettrait de faire (enfin) monter les idées du bas vers le haut. Si on veut vivre ensemble avec nos ressemblances et différences,  écoutons-nous et dialoguons.

L’HA : Que représente la Bretagne pour vous ? Quels sont vos endroits préférés ?
Guizmo :
C’est mon refuge, mon nid, auprès de ma femme (une bretonne !) et de mes enfants. Je vis en Bretagne depuis tout petit, j’y apprécie le calme et la simplicité, la mer et l’environnement et surtout les bretons. Ayant installé dans la Bretagne romantique, j’aime les balades à vélo le long du canal Ille et Rance. J’adore également Saint Jacut de la mer où j’allais jouer de la guitare étant jeune, Lancieux, Saint-Malo, Cancale, le port de Dinan, la côte de granit rose et la forêt de Brocéliande où j’étais il y a quelques jours.

L’HA : Où irons-nous vous voir en concert ?
Guizmo :
Nous attendons les bretons pour notre retour sur ces terres de légende et de fête après plusieurs années d’absence.  Nous serons en concert ce mardi 4 avril à Rennes, ville des  Transmusicales où nous étions en 1998. Nous serons également de retour après huit ans d’absence au festival du bout du monde sur la presqu’île de Crozon le vendredi  4 août. On a tellement hâte de vous retrouver !

 

Delphine Jeannest