Pays de Broons : Les zones érosives sous surveillance

Tous les partenaires concernés par la qualité de l’eau se sont mis autour de la table à Trémeur.

C’est une initiative qui est en train de faire tache d’huile dans le secteur. Après l’expérience de Corseul, Rouillac et Trémeur se sont associées pour s’engager dans un travail de réflexion et d’action sur les zones érosives.

Ces zones concernent des parcelles en pente dont la configuration peut poser des problèmes en cas de fortes pluies. Il arrive que la terre dévale la pente pour se retrouver au fossé puis dans les cours d’eau, les plans d’eau et pour finir dans la station de pompage d’eau potable de Pléven.

Face à cette situation, les conseils municipaux de Rouillac et Trémeur ont validé voilà un an la création d’une commission dans chacune des deux communes. Après un travail commun sur cartes pour recenser les parcelles potentiellement concernées, chaque commission est allée sur le terrain pour valider ou non le classement des parcelles à risques.

Pas de frontières pour les cours d’eau

Après tout ce travail de préparation une réunion publique a eu lieu. Objectif : expliquer la démarche aux agriculteurs concernés et remédier aux problèmes d’érosion. « Nous sommes partis de ce qui s’est fait à Corseul et nous avons travaillé avec Rouillac car c’est mieux de ne pas être seul, d’autant que la Rosette qui est au cœur de la réflexion ne s’arrête pas aux frontières communales », a indiqué Francis Dault. Son collègue de Rouillac, Jean-Luc Couëllan, rappelle : « on ne peut se satisfaire de voir notre terre la plus fertile partir à la rivière et qu’il est donc temps d’agir concrètement ».

Daniel Baron, président de la commission locale de l’eau (CLE) rappelle les obligations qui sont les siennes, entre autres : assurer la pérennité de la production d’eau de qualité, protéger les personnes et les biens contre les inondations, améliorer la qualité biologique des cours d’eau, lutter contre l’eutrophisation des plan d’eau, réduire la quantité de pesticides dans l’eau et les contaminations du littoral.

7 tonnes de terre par jour

L’objectif du travail sur les zones érosives, c’est aussi de favoriser des prises de décisions volontaires, avec l’accord des agriculteurs. « La démarche que nous souhaitons ici, c’est que les agriculteurs soient force de proposition. Qui mieux qu’eux connaît les parcelles et leurs problèmes spécifiques ? On a déjà désenvasé le lac de Jugon deux fois, si on peut éviter de recommencer, ça sera ça de gagné », ajoute Alain Tiengou de la chambre d’agriculture. Il est vrai que les quantités de terre qui arrivent dans l’eau sont impressionnantes. « On enlève chaque jour à peu près 7 tonnes de terre pour 30 000 tonnes d’eau à la station de Pléven. À la fin de l’année, ça correspond en gros à quatre hectares de terre cultivable. Limiter cette érosion, c’est aussi limiter l’arrivée de nitrates et de pesticides dans l’eau », insiste Michel Raffray, président du SMAP.

Après ce bilan et tous ces constats, chaque agriculteur concerné sera invité à envisager les solutions possibles pour arrêter l’érosion. Le plus souvent, il s’agit de solutions simples : changer les sens du travail de la terre quand c’est possible, créer des talus, modifier les entrées de champs et parfois réaliser des plantations. « En fait, il s’agit de retrouver le bon sens qu’on a trop souvent oublié », commente un agriculteur.

Cette réflexion est en train de gagner peu à peu le territoire puisque Broons, Mégrit, Sévignac envisagent de s’y mettre aussi.