Nos chroniques de l'édition du 9 juin 2018

Nos chroniques

Renseignements et inscriptions pour le repas : Maryline Poilvert, pôle de proximité-Merdrignac. Tél : 02 96 67 45 54.

La gazette de Théophraste

par Elie Geffray

« Si tu rates ton année, tu demanderas à Mélenchon de payer. »

Il y a presque un mois de ça, le 12 mai précisément, François Hollande est venu au centre Leclerc  de Plérin (22), pour une séance de signatures de son livre. Pas pour y faire ses courses. Un bref instant, Edmond a pensé s’y rendre : il est le seul, dans la famille, qui lui soit resté fidèle. Pas Yolande, bien sûr, qui adorait Fillon, mais qui tolère Macron, surtout depuis que celui-ci s’est adressé aux évêques. Mais ce projet n’a duré qu’un instant : Edmond conduit de moins en moins loin, et il évite la grande circulation. Et puis, sa Clio n’a pas été révisée depuis longtemps. Passera-t-elle l’épreuve du nouveau contrôle technique ? C’est pas garanti. Alors, il a fait une croix sur la visite à Hollande.

Le  dernier dimanche du mois de mai, la famille s’est réunie. Edmond n’a pas fait allusion à cette idée folle. Mais en bon soldat, il a défendu le bilan de «  François qui a quand même fait de bonnes choses. Il était plus social que Macron. » Maryse, «  notre fille du Morbihan », déléguée syndicale dans sa boîte, est plus hésitante. Elle approuve la réforme de la SNCF. « Les cheminots exagèrent, estime-t-elle. Leur sac-à-dos social est mieux rempli que celui du privé. Moi, je suis pour l’égalité des statuts et des régimes de retraite. » Cette proposition a fait l’unanimité : «  Oui ! Tout le monde pareil. A égalité ! » Damien cependant, notre étudiant Insoumis, acquiesce, mais à condition de mettre le curseur très haut : interdiction de licenciement, pas de salaires ni de retraites inférieurs à 1 500 euros, diminution du temps de travail à 32 heures, services publics étendus et présents partout, extension des droits syndicaux, et pas de sélection à l’entrée en Fac.... N’en jetez plus la cour est pleine ! Mais on n’en est pas encore là. Et il n’y a pas si longtemps, Damien a participé au blocage de l’université de Rennes. Maryse l’a prévenu : «  Si tu continues à faire le con, moi je te bloque les finances. T’iras demander à Mélenchon de te payer tes études. Il paraît qu’il est très riche, lui ! »

Mais une chose étonne Maryse, ce sont les gémissements des communes à propos de la diminution de leurs finances : «  Il n’y pas plus de deux semaines, dit-elle, j’ai vu dans l’Hebdo qu’à Brignac ( 180 habitants), on venait de voter 135 000 € pour l’église, et à Concoret ( 740 habitants), 288 000 € pour l’église également. Quand on voit ça, on ne dirait pas que les communes tirent le diable par la queue. » Yolande, estime au contraire que c’est bien d’entretenir «  nos églises », et que ce serait un signe de décadence si elles étaient à l’abandon.  Robert, «  notre gendre », pense que, vu le petit nombre de pratiquants,  « on devrait ouvrir les églises à d’autres activités. » Damien entretient sur le sujet des pensées très décapantes. Mais par prudence et de peur de voir son financement supprimé, il ne les exprime pas. Cette réserve est très rare chez lui. Il est plutôt du genre « à la ramener. » Edmond, qui ne fréquente les églises que pour les enterrements, dit que la question est difficile. «  Même si les gens sont de moins en moins croyants, juge-t-il,  ils veulent un clocher au milieu du bourg. Sans cela, ils ont l’impression que la commune n’existe plus. C’est ça, l’esprit de clocher. Et on est toujours prêt à payer pour ça .»

Après ce tour d’horizon des grands problèmes actuels, on a évoqué les nouvelles du coin : la dernière biture d’Arsène, les « diries » de Marie-Rose, les jeunes « qui ont foutu le bordel dans le bourg », les malades, les morts...Bref, tout ce qui se passe autour de
«  notre clocher. »

Théophraste note que la discussion familiale s’est achevée à 22 heures, au clocher de l’église.

 

Humeur vagabonde

par Bernard Le Guével

Les vacances de M. Hulot ?

On a le bourdon parce que les abeilles meurent petit à petit.

Les oiseaux disparaissent peu à peu et on se dit que c’est cuit cuit.

On nous punit parce que nos voitures sont responsables d’émissions de particules. C’est ce qu’on nous raconte dans des émissions de télé qui nous intoxiquent.

On nous accuse de manger trop de sucre, trop de gras, trop riche, trop industriel, pas assez diététique, pas assez local, pas assez bio, trop bio, pas assez végétal, trop végétal. Et ça nous crée de GROS problèmes.

On nous dit : manger bouger, fumer tue, boire de l’alcool c’est mal. Certains répondent très grossièrement à ça : on ne mange pas, on bouffe ; péter pue et boire c’est bien puisque l’alcool conserve les cornichons.

La pub à la télévision vante, à grandes louchées d’images sucrées, salées, grasses à souhait, des tas de produits qui sont toxiques pour notre organisme. Et plus nos artères se bouchent, plus notre gras s’alourdit, plus le portefeuille des chaînes et des industriels s’engraisse sur notre dos.

Au-delà de ces blagues « de potage » comme dit ma voisine, on pourrait regarder d’un peu plus près le travail assidu de nos politiques et de toutes les instances pour mettre en œuvre tout ce qu’il faut pour que nous continuions à crever à tout petit feu et notre planète avec.

Le glyphosate est une vraie saloperie. Tout le monde le sait désormais. Et pourtant nos députés, dans leur grande majorité (de ceux qui étaient présents) n’ont pas daigné l’interdire au plus vite.

Les néonicotinoïdes sont de vraies saloperies et pourtant on continue à mégoter sur le fait de savoir si on doit les interdire, les limiter, les autoriser, les modifier.

La malbouffe fait des ravages dans tous les pays, dans toutes les couches sociales mais on prend comme prétexte la liberté d’expression pour continuer à faire dégouliner les annonces dans les émissions.

L’air est pollué dans les grandes villes et pas que là, les gens en crèvent, les insuffisants respiratoires étouffent, ceux qui ne le se sont pas le deviennent. Le poumon vous dis-je ! Et on n’a qu’une prétendue solution, un pansement sur une jambe de bois : alterner la circulation quand l’air est carrément pourri.

Quand il n’y aura plus d’insectes, plus d’oiseaux, plus de fleurs, plus de nature, il n’y aura plus d’humanité pour bien longtemps.

Monsieur Hulot, vous deviez réfléchir sur votre utilité au gouvernement et partir si votre présence ne s’avérait pas utile et efficace. Il semble qu’il soit temps pour vous de rentrer à la maison.

Quant à nous, consommateurs de base, quand allons-nous enfin cesser de gober toutes les farces des publicitaires, des politiques, des marchands de soupes polluées, des vendeurs de mort, des fabricants de maladies ?

Pour copier Coluche, il suffit de rappeler qu’il suffirait que nous n’achetions plus leur M... pour qu’elle ne se vende plus.

 

Stade Rennais : Ao pus fort la pouche

par Michaël Genevée

Fin conte du SRFC 2017/2018 - limerot 3
Les pâssées de jeü 2017-2018 du SRFC
Le SRFC aboutit la sézon li su la 5ème pllace au renjement. Mézë ét de fére le fin conte en chifr.
L’aoqlée bertone rassérit 58 points o 16 vitouères, 10 machs pour de ren e 12 defétes. O mucit 50 buts e n’a prinz 44. Le pus biao des jouous qi marqitt ‘la q’a fut le Bourigeaud, 23 ans d’âje, o 12 buts meins faot ben savair q’i fut etou le pus titrë su les pâssées de jouries la par 41 fais. Par après, j’ons Gnagnon, André, Koubek e pés Léa Siliki, des jieunes jouous tout coume. Parai, le Bourigeaud fut le sien q’i dounit beleben de bielles pâsses, 7 ensieuvi par Sarr o 3 pâsses. Si qe j’ergardons les condanézons, i n’ a zû 8 de douner ao SRFC meins ren qe 6 qi futt en bone fin par core le Bourigeaud ou ben Khazri. Pour ce qi n’ét des jaones de carton, ét André q’i n’a zû le pus fôrt avant Traoré ou ben Khazri meins le sien qi fut dehori le pus ét l’Amalfitano par deùz fais su 14 faïs titrë, ét pitié vaer ‘ela tout coume ! Pour abouter, je n’avons caozer la semaine de devant, n’i a zû du monde tant q’assë a vni vaer les rouje e nair l’anée li alentour de 23 111 den le mitan du renjement des clubs de ligue yûne.

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Bilan du SRFC 2017/2018 - Numéro 3
Retour sur les matchs 2017/2018 du SRFC
Le SRFC a terminé 5ème cette saison. En s’appuyant sur les chiffres, voyons maintenant ce que l’on peut en dire.
L’équipe bretonne a obtenu 58 points avec 16 victoires, 10 matchs nuls et 12 défaites. Elle a marqué 50 buts et en a pris 44. Le joueur le plus efficace a été Bourigeaud, 23 ans, et 12 buts et a été également le joueur le plus utilisé cette saison à savoir 41 fois. Après, nous trouvons Gnagnon, André, Koubek puis Léa Siliki, des jeunes joueurs faut-il remarquer. Dans le même temps, Bourigeaud a réalisé 7 passes décisives suivi de Sarr avec 3 passes. Si nous nous attardons sur les pénaltys, il y en a eu 8 obtenus par le SRFC mais uniquement 6 de transformés par encore Bourigeaud puis Khazri. En ce qui concerne les cartons jaunes reçus, c’est André qui en a reçu le plus suivi de Traoré ou encore Khazri mais celui qui a été le plus souvent expulsé a été Amalfitano, deux fois sur 14 titularisations, un bilan bien triste pour lui ! Pour finir, cela fut notre sujet de la semaine dernière, le public a été au rendez-vous pour venir voir les rouge et noir avec 23 111 spectateurs de moyenne par match ce qui classe le SRFC au milieu de classement des clubs de ligue 1.

 

« LES CAOSERIES A MATAO »

par André Le Coq

Menée / Prouesse

Clés pour la lecture : ao = « aw » ( caozer ); ë = « eu » (rouchë); eû = « ew »(veû) ; ée = « eille », « euille » (veprée) ; ei : è, éi ; ae = « é,ë,è,a » (chantaet) ; pll = « pl » ou « pi » (pllace) ; bll = « b » ou « bi » (bllé) ; cll = “cl” ou “qi” (cllos).Gh = « dj » (gheter). Qh = « tch » (qhi).

-  Ce qe menit Mamoudou Gassama  l’aotr semaine fit  grand brut, Matao.
- Vè, Gllaome, son eqerouée fit caozer en France e  entour de la planète.
- Y avaet  de cai, ma fai, pesq’i saovit un tout jieune ben encarcanë ao qateriéme étaije d’un bâtiment. Come de just, i li vint des  alozeries de tous les bords.
- Dame, i li falit du couraije, du qheur  e du vezon pour ariver en temp e oure  pour empozer l’efant de chair.
- E le coup d’arive d’étr a l’endret-la,dan le détour-la o le risqe de l’efant a chair, e son risqe a li de chair.
- Vè . En pus, Malien san papiers, i taet dan le cas d’étr renveyë céz li. 
- Enfin,  pour le recompenser de son saovetaije,  i vint  a l’Elizée e se trouvit o le perzident  dan la séne du hero nationa come d’aotrs avant li, en permier de cordée manierement.
- Surtout, sa menée li valit des papiers. Il ét pour deveni Francéz e rentrer dan les pompiers.
- Pourqhi les pompiers ? On ne saet pas si c’ét son dzir a li, Mamoudou, ou si  d’aoqhuns sonjite q’i seraet net a son amain su une grande echielle.
- S’il avaet saovë qhocun dan une gare de train, la SNCF l’araet-ti prinz en staije ?
- Ce qi ét sûr c’ét qe  sa permiere menée fut de tracer  terres e mér e de ne pas demeurer bourdë ou de mouri  en chemin.
-  Des come li a qhi de gangner l’Urope y en a pus fort a s’afondrer  dan les iaos de la  Mediterranée q’ a se hocher su des cotières de bâtiments  du 18éme arrondissement.

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- L’exploit de Mamoudou Gassama l’autre semaine a eu un grand retentissement.
- Oui, son aventure a fait parler en France  et dans le monde.
- Il y avait de quoi puisqu’il a sauvé un jeune enfant en très mauvaise posture au 4ème étage d’un immeuble. On comprend que son acte soit salué.
- Il lui a fallu du courage, du cœur et de l’énergie pour  empêcher l’enfant de tomber.
- Et le hasard en plus des risques.
- En outre, Malien sans papiers, il pouvait être renvoyé dans son pays d’origine.
- Enfin, pour le récompenser, il est venu à l’Élysée rencontrer le président dans la scène du héros national comme d’autres avant lui, en premier de cordée en quelque sorte.
- Surtout son exploit lui a valu d’obtenir des papiers, la nationalité française et  un emploi chez les pompiers.
- Pourquoi les pompiers ? Est-ce que c’était son souhait ? Ou alors on a pensé qu’il serait plus à l’aise sur une grande échelle ?
- S’il avait sauvé quelqu’un dans une gare, la SNCF l’aurait-elle pris en stage ?
- Ce qui est sûr, c’est que sa première prouesse fut de traverser terres et mer sans rester bloqué en chemin ou mourir.
- Des émigrés  comme lui cherchant à gagner l’Europe, il y en a davantage a couler dans les eaux de la Méditerranée qu’à escalader les façades d’immeubles du 18ème arrondissement.