Nos chroniques de l'édition du 24 mars 2018

Chroniques

La gazette de Théophraste

par Elie Geffray

Chez Edmond et Yolande, les miracles font débat

Toute cette discussion, c'est parti de Frédéric Gersal. Vous savez, l'homme au nœud papillon qui fait des chroniques d'histoire à Télématin. Voilà que le mardi 26 février, il s'est mis en tête de raconter l'histoire des apparitions de Lourdes, qui s'étaient produites il y a 160 ans. En février 1858. Il a rappelé qu'il y avait eu 18 apparitions, pas une de plus, pas une de moins. Mais à chaque fois, alors que plusieurs personnes étaient présentes, il n'y avait que Bernadette qui voyait « la dame blanche. » C'est pourquoi on l'appelle « la voyante. » Vous pensez bien que Yolande n'a pas perdu une miette de cette émission. Elle était « aux anges. » Pour Edmond, c'était plus compliqué. Il se faisait en lui-même quelques objections. S'il y avait vraiment une « dame blanche » réellement présente, se disait-il, pourquoi toutes les personnes qui étaient là ne la voyaient pas ? Dans ce cas-là, estimait-il, il ne s'agit pas d'une apparition mais d'une vision. Mais des visions, il y a plein de gens qui en ont. Et Edmond n'en démord pas : apparition et vision, ce n'est pas la même chose. Mais par prudence, il n'a pas fait part de ses doutes à Yolande, pour une raison simple : «  J'ai pas voulu lui casser le moral, c'est moi qui en aurait subi les conséquences. »

Mais le dimanche suivant, alors que toute la famille du Morbihan était là pour passer la soirée, c'est Yolande qui a allumé la mèche à propos de Lourdes. Elle n'a pas pu s'en empêcher. Elle a annoncé triomphalement : «  Vous avez dû voir ça à la Télé. Une religieuse, sœur Bernadette qu'elle s'appelle,  comme Bernadette de Lourdes. Eh bien ! Cette sœur-là a été guérie miraculeusement à Lourdes. C'est officiel, sûr et certain. C'est le 70e miracle de Lourdes. »
C'est pas que Maryse, « notre fille du Morbihan » veuille contrarier sa mère, qui est très pieuse. Mais elle y est quand même allée de quelques réticences. La déléguée syndicale, éprise de justice sociale, émet des réserves : « Oui, j'ai vu ça à la télé. Cette Sœur-là est bien sympathique, gentille et souriante. Mais quand je vois des jeunes femmes atteintes de cancers, dont certaines vont à Lourdes, et qui meurent en laissant des jeunes enfants derrière elles, je me dis qu'il y a quelque chose qui cloche. S'ils ont vraiment un pouvoir de guérison à Lourdes, j'estime que le cas d'une jeune femme devrait être prioritaire sur celui d'une religieuse en retraite, même si elle semble bien gentille. Nous, au syndicat, c'est comme ça qu'on voit les choses. Le social avant tout. »

Damien, l'étudiant « Insoumis », saisit la balle au bond. S'il y a des guérisons miraculeuses, proteste-t-il, je ne vois pas pourquoi et sur quels critères on ferait de la sélection. C'est comme l'entrée à l'Université : tu viens d'un milieu bourgeois, t'as toutes tes chances. Si t'es d'origine modeste,  c'est pas gagné. A Lourdes, c'est pareil, si tu es bien-pensant, tu as des chances de guérison. Moi, je suis pour l'égalité des chances. Et je ne croirai aux miracles que s'ils se démocratisent. Mais c'est pas demain la veille.

Robert, « notre gendre », qui ne prend surtout pas parti sur des questions délicates comme celle-ci, admet qu'il y a là un effet de hasard, comme au Loto. Il y a une multitude de gens qui tentent leur chance. Mais il n'y a qu'un qui, de temps en temps, assez rarement, remporte le gros lot. Et c'est tant mieux pour lui Yolande est très indisposée par ces commentaires. Mais ça n'ébranle pas sa conviction intime et elle le fait savoir : « Vous direz. ce que vous voulez, mais que vous l'admettiez ou non, il y a bien eu un miracle. Et ça doit bien signifier quelque chose. »

« Oui mais quoi ? » conclut Théophraste, perplexe et dans l'expectative.

 

Humeur vagabonde

par Bernard Le Guével

L'avaloir n'attend point le nombre des damnés

On accuse parfois certaines personnes qui n'articulent pas en parlant d'avaler leurs mots. On considère évidemment que c'est un défaut puisque le fait d'avaler ses mots gêne la compréhension. C'est assez curieux parce que lorsque l'on dit en revanche qu'une personne ne mâche pas ses mots, cela peut être pris comme un compliment. Ne pas mâcher ses mots, c'est avoir le courage de dire ouvertement ce que l'on pense.

Le dire ouvertement ne veut pas dire que l'on doive garder la bouche longuement ouverte pour cela puisque le fait de parler est un jeu compliqué fait de moments où la bouche est plus ou moins ouverte ou fermée.

À ce sujet, on peut (et l'on doit sans doute), se poser une question. Une personne qui ne mâche pas ses mots peut-elle pour autant les avaler ? Si la réponse est positive, cette même personne qui avale ses mots sans les mâcher peut-elle donner son aval à une décision ? Si oui, cela signifie sans conteste que l'on peut sans gêne aucune à la fois avaler ses mots et avaliser une décision.

Autre question fort importante : avaler ses mots, est-ce que cela coupe l'appétit ? Avaler ses mots sans les mâcher rend-il plus indigeste le discours ? Exemple pour tenter de trancher ces questions : l'avaleur de sabres ne mâche pas ses mots puisqu'ils seront forcément hachés menu par les sabres. En revanche, il doit impérativement avaler ses mots vu que le sabre ne coupe pas du tout l'appétit.

Avaler ses mots est un défaut puisque la diction s'en trouve modifiée. Un avaleur de sabre qui avale aussi ses mots est parfois très gêné quand il va au restaurant. Comme il parle de façon difficilement compréhensible, on ne sait jamais trop s'il demande l'addition ou la diction. Pour couper court à toutes les interrogations, il pourrait avaler quelques sabres supplémentaires ce qui lui permettrait éventuellement de couper la poire en deux et ainsi de partager les frais avec ses amis invités au restaurant avec lui.

De plus, imaginez un instant que cet avaleur de sabres soit en même temps un grand voyageur. C'est souvent le cas puisque les avaleurs de sabres courent le monde pour montrer leur art. Quand il doit prendre des décisions importantes, peut-il avaliser ces décisions, lui qui passe son temps à avaler des sabres tout en portant ses valises ? Ses décisions sont-elles à valiser ?

Quant à l'avaleur de sabres avaliseur de décisions, s'il lui venait l'idée d'écrire un livre pour raconter ses aventures, on ne sait pas très bien s'il devrait demander un à-valoir ou un avaloir à son éditeur. Personnellement, un à-valoir de sabres, je ne sais pas ce que c'est. En tout cas, pour obtenir son à-valoir (qui est une sorte d'avance sur salaire), il ne devrait reculer devant rien car reculer pour avoir une avance ne servirait pas à grand-chose.

J'en conviens, cette chronique sera peut-être dure à avaler pour certains et c'est un peu dommage car je n'ai pas pensé à demander un avaloir au journal. Je tenais à le souligner pour vous aider à l'avaler d'un trait. Et pour conclure sur l'avaleur de sabres, il faut bien dire que pour prendre ses décisions, il n'a aucun mal à trancher.

 

Stade Rennais : Ao pus fort la pouche 

par Michaël Genevée

30e pâssée de ligue yûne 2017-2018
FCBG 0-2 SRFC - A petite fa...

Mézë diq’a l’about de sézon li, i va yètr, pour le SRFC, tenant contançe de la courerie a l’Urope pour la perchaine anée. Dretement, den la véprée de samadi, i n’en taet qhéssion rapor ao mach contr Bordeaux, yeùs etou den cte courserie meins q’a sitant de deü a gangner depés qheuq machs.   

Carée de jourie : Matmut Atlantique - 32 626 de monde - maitr-departou : Mikaël Lesage.

Lon la permière pâssée, ‘la fut petit jeü d’un bord come de l’aotr. Pas yûne des aoqlées a se méttr biao assë pour haper la pouche. Meins dame, a l’entame de la deuzième pâssée, su ene mondite baodéy de Khazri, invançion pour Costil de haper la boufie qi rarive su Sarr qi la muce den les caijes bordelaizes (0-1, 49e). Bordeaux va jouer pour se mettr a jeü meins va fère châ. Come d’amouéz, le SRFC va n’an mucer yun de pus un petit evant l’about. Et come ela qe les touéz jouous Bourigeaud, Khazri e Gourcuff vont maomener les defansous bordelaiz e den le bout le Gourcuff envaye la balotte e atrompe Costil (0-2, 86e).

Aparessance qe depés qheuq machs nan veit ene éqhipe bertone ben viréy. Des jouous qi font de lou béte même si q’i n’i a core des ohis den tout ‘ela. ‘la fét berouée qe j’avions point vû parai jourie cez les bertons renaiz. Astoure ét de sonjer den le perchain mach den un coupl de semaines le 4 d’avri can qe Monaco va vni jouer ao Raozhon Park. Hopala! Ene éqhipe du haot du renjement core !

Aléz Rene !

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30e journée de ligue 1 2017-2018
FCBG 0-2 SRFC - petit à petit…

Jusqu’à la fin de saison, il va être constamment question de la course à l’Europe pour l’année prochaine. Justement, samedi après midi, la question se posait pour le match contre Bordeaux, cette équipe étant également dans cette course mais qui a du mal à gagner depuis quelques matchs.

Matmut Atlantique - 32 626 spectateurs - arbitre central : Mikaël Lesage.

Tout au long de la première période, ce fut un piètre jeu d’un côté comme de l’autre. Aucune des deux équipes n’a fait en sorte de prendre les devants. Mais, au début de la seconde période, sur une grosse frappe de Khazri, Costil ne réussit pas à capter la balle qui se retrouve dans les pieds de Sarr qui l’envoie dans les cages bordelaises (0-1, 49e).

Bordeaux essaiera de revenir mais en vain. Comme à son habitude, le SRFC va marquer juste avant la fin de la partie. C’est ainsi que les trois joueurs, Bourigeaud, Khazri et Gourcuff vont rendre fous les défenseurs bordelais et au final Gourcuff frappe la balle et trompe Costil (0-2, 86e).

Depuis quelques matchs on voit une équipe bretonne à l’aise. Des joueurs qui se donnent à fond même si certains problèmes persistent. Cela fait très longtemps que nous n’avions pas vu un tel jeu chez les bretons rennais. Maintenant, il faut penser au prochain match dans deux semaines le 4 avril quand Monaco viendra jouer au Roazhon park. Attention! Une équipe encore du haut de classement !

Allez Rennes !

 

« LES CAOSERIES A MATAO »

par André Le Coq

Taolée / slogan

Clés pour la lecture : ao = «aw» ( caozer ); ë = «eu» (rouchë); eû = «ew « (veû); ée = «eille», «euille « (veprée); ei : è, éi; ae = « é,ë,è,a « (chantaet) ; pll =» pl» ou «pi» (pllace); bll = « bl «ou «bi» (bllé);cll = “cl” ou “qi” (cllos).Gh = «dj « (gheter). Qh = «tch» (qhi).

- Melenchon a terouë sa taolée qi va li servi és perchaines voteries, Gllaome.
- Qhi qe c ét, Matao ?
- « Mon enemi c'ét les medias ».
- Ça met a sonjer dan Hollande, Matao. « Mon enemi c'ét la finance » .
- C'étaet ao mouen une taolée de gaoche. Més, a mon idée, prendr afére és journaos, medias, c'ét putôt une maniere qi vient de monde qi ne sont pas qheurus su la democratie. I va core pus lein pesq'i dit qe n'y a ren de pus neuzë qe d'avair une hinje su les ghimentiers e la ghimenterie.
- I n'ét pas tout sou. Y a qhoqes temps,Wauquiez ghétit a empozer FR3 Lyon de doner des reportaijes su ses fezeries rejionales qi ne li haitite pas.
- A mon idée, le ma ne vient pas de li qi banit més putôt de li qi veût empozer de bani.
- Ao parsu, il a të soutinz o Melenchon pour le brut qe les diries a Wauquiez su Sarkozy, Pécresse e Darmanin menite dan les medias q'i signorize le « parti médiatiqe » qi ouille la téte du monde e prend la pllace des partis, des sindicats...
- Il ét pus fort dan l'abomination qe dan la critiqe de ce q'ét nomë le qateriéme pouvouèr qi peut y étr du bord des trouèz aotrs ou ben decllancher des aféres come les Panama papers.
- Ce qi peze su les médias, c'ét d'un bord, qhoqes miliardéres qi veulent lou fouler su la bride e, de l'aotr, les rezots sociaos pus ateinës a fére du brut q'a ghimenter.
- J'erviens a Hollande, y a une aotr sentence qi li apartient, c'ét « un perzident ne devraet pas dire ela » . Melenchon, ancien candidat a la perzidence e candidat a veni, devraet y sonjer.

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- Mélenchon a trouvé son slogan pour les élections à venir.
- Lequel ?
- « Mon ennemi, c'est les médias »
- On pense à Hollande et sa formule « Mon ennemi, c'est la finance. »
- C'était au moins un slogan de gauche. Mais s'attaquer aux journaux, médias, c'est plutôt la caractéristique de ceux qui ont peu de goût pour la démocratie habituellement.Il va plus loin puisqu'il n'y aurait rien de plus normal que de haïr les journalistes et la presse.
- Il n'est pas seul. Wauquiez a cherché à empêcher FR3 Lyon de diffuser des reportages sur son action en région qui ne lui ont pas plu.
- A mon avis, le problème ne vient pas de celui qui publie mais de celui qui veut empêcher la diffusion.
- Par ailleurs il a été soutenu par Mélenchon dans la révélation médiatique de ses déclarations sur Sarkozy, Pécresse ou Darmanin. Il aurait lui aussi été victime du « parti médiatique » qui pollue la tête des gens et prend la place des partis et syndicats...
- Il est plus dans l'imprécation que dans la critique de ce qui est appelé le 4e pouvoir qui peut s'allier aux trois autres ou bien révéler des affaires comme les Panama papers, Paradise papers.
- Ce qui menace les médias c'est, d'un côté, des milliardaires qui veulent limiter la liberté de la presse et, de l'autre, les réseaux sociaux plus portés sur le buzz que sur l'information.
- Je reviens à Hollande, il y a une autre phrase qui lui reste attachée : « un président ne devrait pas dire ça ». Mélenchon, ancien candidat à la présidence et futur candidat, devrait y penser.