Nos chroniques de l'édition du 21 avril 2018

Nos chroniques - NOS CHRONIQUES

Nos chroniques de l'édition du 21 avril 2018

La gazette de Théophraste

par Elie Geffray

« Eh ! Oh ! C'est pas marqué la poste, là »

Longtemps, Edmond et Yolande se tracassaient au moment de la déclaration d'impôts. Ils s'embrouillaient dans les formulaires, hésitaient sur l'emplacement des chiffres, les déductions, les réductions possibles, si on a droit à ceci et pas à ça...Quel casse-tête ! Et par-desssus le marché, l'angoisse de s'être trompé. Et pour en finir, à bout de nerf, Edmond mettait tout dans l'enveloppe, déclarant, en forme d'avertissement à l'administration : «  S'ils ne sont pas contents avec ça, ils n'ont qu'à demander plus aux riches. »

Mais un jour, ils ont rencontré « Paulo », le postier du coin, qui leur a dit qu'il pouvait les aider dans leurs papiers. Qu'il faisait ça pour plusieurs personnes, surtout pour les anciens qui sont un peu perdus dans la paperasse qu'on leur demande. Ah ben alors : «  ça ! Pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle », comme le proclamait fièrement une pub de la poste.  Et voilà que Paulo vient à la maison, le soir après son boulot. Gratos, en plus. Il fait ça pour le social. Pour le plaisir ! Pour le contact. Et il défend son contribuable, cherchant dans tous les coins ce qui pourrait être l'objet d'une déduction fiscale. Cet effort n'est pas toujours payant, car Edmond n'est pas imposable de toute façon. Mais ça ne coûte rien d'essayer. Et puis il aime ça, Paulo : un service public qui reste proche des gens, qui colle à la base. Et la Poste n'y perd pas, parce que, comme dit Edmond : «  Le jour où on aura quatre sous à placer, on saura où aller. »

Mais ça, c'était le passé. Souvenez-vous : c'était du temps où une publicité, qui illustrait la disponibilité sans faille des postiers, disait : «  Eh ! Oh ! C'est pas marqué la Poste, là. » Mais depuis, la Poste, elle a fait comme les autres. Elle a fermé des bureaux, et s'est éloignée des populations rurales. Des Paulo, y'en n'a plus. Il ne reste que des voitures jaunes qui desservent des boites aux lettres, et dont la durée des tournées est calculée au plus juste.

Mais voici que Edmond vient de lire un titre dans un journal, qui l'a réconforté : «  La Poste au service des contribuables. » Et d'après cet article, c'est 900 facteurs qui «  vont apporter une aide pédagogique et technique. » Ah oui ! Parce que bientôt, faudra déclarer ses impôts sur Internet. Affolement chez Edmond et Yolande qui n'ont pas d'ordinateur. Et ce qu'ils lisent dans le journal ne les rassure pas non plus : «  Le facteur ne se positionnera pas comme un conseiller fiscal », assure la directrice marketing des nouveaux services de la Poste. Et celle-ci de préciser : «  Le facteur ne sera là que pour expliquer le fonctionnement du site internet impôt.gouv.fr » Mais ce sera payant, quelque chose comme 50 €.

Voilà qui n'est pas de nature à convaincre les populations de retraités, qui ne sont pas tous au fait de l'informatique. Ils bénéficieront d'un facteur, qui ne fera pas le boulot,  qui se contentera d'expliquer, mais qui sera payant. Décidément, ce n'est plus «  marqué la Poste, là. » - «  Et pour une bonne nouvelle... », c'est pas vraiment une bonne nouvelle. Eh Paulo! Reviens !

Théophraste complètement déconfit.

 

Humeur vagabonde

par Bernard Le Guével

Ici et là, là-haut, Lao, Labat et ici-bas

Ici et là, et surtout ici-bas, on trouve parfois des gens qui ont un patronyme qui peut prêter à confusion et à sourire. Prêter seulement car après, il faut le rendre. Je connais par exemple un type qui s'appelle Rouillé et qui est carrossier. Un autre qui s'appelle Dominique Ménage et qui a écrit D. Ménage sur tous ses camions de déménagement. Encore un autre qui se nomme Férier et qui n'a jamais travaillé de sa vie.

J'ai un ami personnel qui se nomme Labat. La semaine dernière, au cours d'une réunion, quelqu'un demande : est-ce que Labat est ici ? Et inévitablement, un petit malin répond : non, il est là-bas ! Et de crier : Labat, viens ici !

Ce pauvre Labat est la cible permanente de jeux de mots sur son nom de famille. Il n'est pas très aisé de porter un nom pareil. Même dans la rue ça lui pose parfois des problèmes. Il arrive très souvent que des gens s'interpellent au marché ou dans un magasin : hep  ! Vous là-bas ! Et inévitablement, mon ami Labat se retourne et inévitablement, ce n'était pas lui qui était appelé.

Il n'a décidément pas de bol parce qu’ en plus, il s'intéresse de près à la philosophie chinoise. Vous allez me dire que la philo chinoise n'a rien à voir dans le nom de monsieur Labat. Bien sûr que non, Labat, ça ne sonne absolument pas chinois.

Seulement, Labat aime beaucoup Lao Tseu, un sage chinois qui serait le père du taoisme. Alors, évidemment, les quolibets sur Labat qui aime bien Lao, ça ne manque pas. Certains ne sont pas loin de penser que Labat a fait exprès de s'intéresser à Lao pour qu'on lui fasse ce jeu de mots. Ceci étant dit, Labat a une façon très à lui de pratiquer la sagesse chinoise. Il dit par exemple : plus il y a de fous, moins il y a de riz. Il dit aussi : je suis comme les chinois car j'adore les chiens surtout si la sauce est bonne.  Ou encore : qui attrape un rat qui se marre a rat qui rit. Et de même : si tu as le nord au ventre ; tu as le sudoku. Ou pire : un asiatique qui se nourrit dans un noyer chie noix.

Quand il a construit sa belle maison, Labat a stupéfait les banquiers en assurant qu'il n'avait pas besoin de prêt. Je ne suis pas allé chercher Lao Tseu si loin pour avoir besoin de prêt, a-t-il assuré. Et de plus, il a lancé à son conseiller bancaire qui ne lui avait donné aucun conseil : quand il achète une maison, Labat raque.

Une fois, il a failli avoir une dispute avec un de ses amis qui venait du Maroc pour passer quelques jours chez lui. Pendant ce séjour, en allant aux toilettes, Labat a remarqué qu'elles étaient bouchées. Sans paniquer, il a dit à son ami marocain : quand il va aux toilettes Labat bouche. L'autre a cru qu'il était accusé d'avoir bouché les WC et qu'on se moquait de ses chaussures marocaines.

 

Stade Rennais : Ao pus fort la pouche

par Michaël Genevée

33ème pâssée de ligue yûne 2017-2018
SRFC 1-2 FCM – Berdadao !

Uit machs de reng sans point de defétes pour le SRFC ét biao tout coume ! ét de même q’i sont paissës a la 5ème pllace pari! Samedi ao sair i taet qhéssion de jouer le FC Metz. Ceutes-la sont den la penelle depés ben du temp e pouesser yeùs su la 20ème pllace, les sabiaos sembellent rapës pari ! Pasmeins i font de lous bétes e Rene va se fère choler.

Roazhon Park - 22 855  de monde- maitr-daprtou : Hakim Ben El Hadj

Le bièlle entame la fa-la pour le SRFC! Les jouous bertons mettent la patte su la balotte e long durant la permière pâssée vont gourvègner. Khazri va par deùz fais mucer la balotte den le mitan de la carée du gardou meins Sarr e André vont biretter. Un petit après, Gourcuff, titrë le jou la, va durer ao devant  Niakhaté e Selimovic e envaye la balotte su Bourigeaud qi la muce den les caijes messines (1-0, 27e). Ao repos, Rene mene e c’ét ben rézonë.

Su la deuzième pâssée, Rene va yétr maomenéy. Un coupl de fais, le Dossevi va envaye la balotte den le qheur e par deùz fais le Roux va mucer la balotte den les caijes a Koubek (1-1, 52e) e pés (1-2, 57e). De l’aotr bord, invançion pour les bertons de mettr la patte su la balotte. Ene jourie de jeü bertone deouistéy diq’a l’about.

Ene deuzième pâssée de jeü eyou qe tout a la mine d’yètr bourdë. Pas yun qi fut net avanjou samedi ao sair. J’avions vû par avant des jouous bertons a lous amains meins ao sair-la, ‘la fut mener a l’egaopille si bel e siben qe les parlevous subllitent den le bout du mach. Come ben du monde, il ont grand poùr q’ela erdoubelle come les anées passées cant qe Rene cheyaet den le bout de l’afilonjéy de machs. Mézë ét de sonjer den le mach a vni contr Nante, l’ancontrie la pus conseqente de l’anée, le derby! Rend’ous venderdi ao sair pour nan savair pus long !

Aléz Rene !

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33ème journée de ligue 1 2017-2018
SRFC 1-2 FCM –Patatras !

Huit matchs de suite sans défaites pour le SRFC c’est quand même pas mal ! 5ème place au classement! Samedi soir, le SRFC recevait le FC Metz. Ces derniers sont en difficulté depuis de nombreux mois et restent collés à la 20ème place, la messe semble être dite pour eux ! Pourtant, ils s’accrochent et Rennes va en faire les frais.

Roazhon Park - 22 855  spectateurs- arbitre central : Hakim Ben El Hadj

Une belle entrée en matière pour les rennais cette fois-ci ! Les joueurs bretons vont dominer les débats et durant toute la première période ils vont être en maîtrise. Khazri par deux fois va centrer mais Sarr et André se rateront. Peu après, Gourcuff, titulaire pour ce match, va résister face à Niakhaté et Selimovic et envoie la balle à Bourigeaud qui marque  (1-0, 27e). Fort logiquement, à la pause Rennes est devant.

En deuxième période, Rennes va être bougé. Par deux fois, Dossevi envoie la balle dans le centre et par deux fois Roux marque (1-1, 52e) et (1-2, 57e). En face, Rennes est dans l’incapacité de reprendre les choses en main. Un jeu breton détraqué jusqu’à la fin du match !

Une seconde période où tout semble s’être arrêté ! Pas un seul joueur ne fut à la hauteur samedi soir. Nous avions pu voir sur les matchs précédents une équipe tout en maîtrise mais ce soir-là, tout partait dans tous les sens, c’est ainsi que les spectateurs sifflaient leur équipe en fin de match. Comme beaucoup, ils ont peur de retomber dans les travers des années précédentes quand Rennes tombait en fin de saison. Désormais, il faut se concentrer sur le match à venir contre Nantes, le plus important de l’année, le derby ! Rendez-vous vendredi soir pour en connaître le résultat !

Allez Rennes !

 

« LES CAOSERIES A MATAO »

par André Le Coq

Mâri / Désolé

Clés pour la lecture : ao = «aw» ( caozer ); ë = «eu» (rouchë); eû = «ew « (veû); ée = «eille», «euille « (veprée); ei : è, éi; ae = « é,ë,è,a « (chantaet) ; pll =» pl» ou «pi» (pllace); bll = « bl «ou «bi» (bllé);cll = “cl” ou “qi” (cllos).Gh = «dj « (gheter). Qh = «tch» (qhi).

- Je ne sae pas, Gllaome, si t'as veû dan le post Mark Zuckenberg, le rouè  du rezot social,   ao devant de Senateûrs ameriqhens
- Nouna. Qhi ce q'i li  voulaen ao menou de Facebook ?
- Etaet de savair coment q'i va s'en chevi a abriyer les donées de chaqhun des  enrezotës. 
- En  2016 des donées de méme pezite en qhutemusse su la voterie perzidentiale ameriqhene.
- Vè. Pour se debllâmer i dit de méme q'i ne fet  pouint commerce de ses donées...
- Il ét miliardére ! n'ét pas just a passer la tasse és Facebook q'il a peû ramasser si gros.
- Comme de just ! Dan la passée entèr li e les senateûrs, ça fut  pllézant de vair le Zuckerberg o sa goule de permier comuniant tout pitou come a la confesse.
- Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa...
- Més i n'en ét pas son permier coup : en 2006, i fit contrition, en 2007, en 2009, en 2017 etou.Tourjou pour avair d'une maniere ou d’une aotr manqhë ao respet de la vie de chaqhun.
- C'ét censément une part de son métier d'étr mâri.
-  Vè. Le pus haitant dan la seyance, ça fut qand un senateur democrate li demandit : « Vous seriez-ti benéze si on vous demandaet de dire dan qhelle ôtelle qe v'ez dormi iër ao sair ? ». Permier i ne reponit pas tout de sieute, le roujet le gagnit e finit par dire  qe « nouna ». Le senateûr l'ateinit o une aotr qhession : «  Vous seriez-ti benéze q'on saraet a qhi de votr monde qe v'ez écrit la semaine passée ? » « Nouna » q'i dit.
- C'ét ce qi se nome se fére bézer come un rat dan un couyer. Més aprés qhi q'i va en étr ?

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- Je ne sais pas si tu as vu à la télévision Mark Zuckenberg, le champion du réseau social, face à des sénateurs américains.
- Non. Qu'est-ce qu'ils lui voulaient au patron de Facebook ?
- Ils attendaient une réponse sur la protection des données personnelles.
- En 2016, elles pesèrent sur la présidentielle américaine.
- Oui. Pour se disculper, il a dit qu'il n'en faisait pas commerce...
- Il est milliardaire ! Ce n'est pas en quêtant auprès  des utilisateurs de Facebook qu'il s'est enrichi.
- Bien sûr. Pendant l'audience, ce fut drôle de voir Zuckerberg avec son allure de premier communiant, penaud comme à confesse.
- Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa...
- Mais ce n'est pas la première fois : en 2006, il fit repentance, en 2007,  en 2009, en 2017 aussi. Pour n’avoir pas d'une manière ou d'une autre respecté la vie privée.
- Être désolé fait partie de son métier en somme.
- Le plus amusant, ce fut le passage où un sénateur démocrate lui demanda : «  Seriez-vous content si on vous demandait de dire dans quel hôtel vous avez dormi la nuit dernière ? » D'abord il n'a pas répondu immédiatement, il a rougi et finit par dire « non ». Le sénateur le relança avec une autre question : «  Seriez-vous content que l'on sache à qui de vos proches vous avez écrit la semaine dernière ? » « Non » répondit-il.
- C'est ce qui s'appelle se faire prendre au piège. Mais après que va-t-il se passer ?