Nos chroniques de l'édition du 17 mars 2018

Nos chroniques - CHRONIQUES

Nos chroniques de l'édition du 17 mars 2018

La gazette de Théophraste

par Elie Geffray

Edmond évalue les rythmes biologiques des élèves du primaire

L'Amicale Laïque de mon canton m'a invité un soir à une réunion sur les rythmes biologiques des élèves. La « chronobiologie » qu'ils appellent ça. C'est pas un gros mot, ni une maladie. Ça veut dire tout simplement qu'on n'est pas toujours en forme pour travailler. Ça dépend des moments de la journée... Et même du temps qu'il fait. Edmond, que j'ai désigné comme mon expert e n sciences humaines, pour évaluer ce que j'ai appris ce soir-là, est bien d'accord là-dessus : « Des journées entières de nuages et de pluie comme il en a fait le mois dernier, observe-t-il, j'étais tout mal foutu. On n'avance à rien. On tourne en rond. C'est pas plaisant. Alors des journées comme ça, pour les écoliers, ça n'arrange pas le travail des maîtres. Il leur faut une sacrée patience. Moi, je ne l'aurais pas. Surtout maintenant que les taloches et les coups de pieds au cul sont interdits... C'est pas plus mal, mais faut pas exagérer non plus dans l'autre sens ».
Bon d'accord, mais là, Edmond déborde un peu du sujet. La conférencière nous a dit : «  C'est vers 11 heures du matin que l'enfant est au top de sa capacité de concentration. Mais de 11h30 à midi elle baisse ». - « C'est exact, a approuvé Edmond. C'est dans la matinée que je lis les journaux et que je fais le jardin s'il fait beau. Autrement je bricole à l'intérieur. C'est vrai qu'on est plus rentable le matin. Mais ta conférencière, elle a bien observé qu'il y a une baisse de forme vers 11h30. Juste avant midi. On sait cela depuis longtemps. C'est pas pour rien, ni par hasard, qu'on a prévu l'apéro à ce moment-là. C'est là qu'il faut un petit remontant. Enfin ça, c'est la solution pour adulte. Avant, c'est pas recommandé ».
Mais poursuivons. D'après les études de chronobiologie, la capacité de concentration d'un enfant est au plus bas entre 13 et 14 heures. Qu'en pense mon expert ? « Là encore, estime Edmond, je suis d'accord. Mais ça dépend aussi de ce que les gamins ont mangé à la cantine. Après un plat de frites, faut peut-être prévoir une sieste plus longue. Moi, en tout cas, après le repas de midi, j'aime bien piquer un roupillon sur le siège arrière de ma Clio. Il y fait doux et il n'y a pas un bruit. »
Après la sieste à l'école, l'idéal, ce sont les TAP. C'est quoi ça ? Vous ne savez pas ce que c'est ? On en a assez parlé les années passées. Il y avait les « pour », qui défendaient la semaine de 4 jours et demi à l'école. Et les « contre », qui s'en tapaient des TAP, et qui étaient partisans de la semaine de 4 jours de classe. Mais revenons à la question. TAP, ça veut dire « temps d'activités périscolaires. » Quelles activités ? Eh bien des choses qui conviennent mieux l'après-midi quand on est moins disponible pour se concentrer. Du sport, de la musique, de la peinture, du dessin, des jeux de société.  «  De notre temps, rappelle Edmond, on faisait ça le samedi, à l'école. Le chant et le dessin surtout. Les travaux pratiques, c'était le jeudi à la ferme. On savait ce que c'était qu'un cheval, une vache, du vrai lait et des œufs frais dans le tas de paille. Et puis, sur la route de l'école, en allant et en revenant, on en faisait du sport ! On courait à travers les champs, on montait aux arbres, on escaladait les barrières... Et on faisait aussi des conneries, suivies de bonnes engueulades. Je ne suis pas contre les TAP. Mais les gamins sont trop encadrés maintenant. Ils ont tout le temps quelqu'un pour les surveiller ou leur dire ce qu'il faut faire. Ou alors, ils sont devant un écran. Faut pas toujours être sur leur dos. Faut leur foutre la paix aussi, les laisser inventer. Sinon, on en fera des fonctionnaires, des consommateurs ou des assistés ».

Théophraste plein d'admiration pour la philosophie d'Edmond.

Stade Rennais : Ao pus fort la pouche

par Michaël Genevée

29e pâssée de ligue yûne 2017-2018
SRFC 1-1 ASSE - Du pllezi a vaer !

Courent qi ne courent les aoqlées pour haper la cincième pllace,yûne europiene. En-mèle les eqhipes-la, n’i a le SRFC e l’ASSE qi venaet jouer ao sair la en Bertègn pour la 29e pâssée de jourie. Coment q’ela se passit ?
Roazhon Park  - 25 655 de monde - maitr departou : Benoît Bastien.
‘la fut biao a vaer, long la pâssée de jourie les deùz éqhipes ont jouer tant qe tant o des gardous de caijes net avanjous, le Ruffier parai come le Koubek e pés deùz buts pour mettr les deùz aoqlées a jeu den le bout. Et l’ASSE qi fut la permière a se mettr ao devant o Subotić (0-1,35e) e pés come ben des fais depés qheuq machs, le SRFC va mettr le balant o Sarr (1-1, 86e) den le bout de la pâssée. Meins pour ce qi n’ét du SRFC, n’i de la jourie e de la bièle pari! Nan veit ene éqhipe ben a son amain, o des jouous jieunes parai come Hamari Traoré qi s’antr-savent. N’i a point ghère de monde a caozer de li pâs-meins i n’en fét de l’ouvraije su drete. Par devant, par dère, il ét es champs e a meriene, eustra! un nouviao gaijë vrai qheuru, un bon ajetis pari!
Un SRFC o cinc machs sans deféte aoqhune ‘la fét sitant de temps qe j’avions point vû parai cai. Ene pllace den le bout pour l’Urope ventiés meins de vaer anet le SRFC come ‘ela ét biao pour tertout les houamous, les parvelous des rouje e nair ene éqhipe qi se demène come diabl e qi va diq’ao bout, des ceùs q’ont idéy de se batr fort pour le SRFC, ‘la mène !
Perchain mach samadi contr Bordeaux, core ene éqhipe pas ghère fezante…
Aléz Rene !

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29e journée de ligue 1 2017-2018
SRFC 1-1 ASSE - Un vrai plaisir à regarder !

La course à la cinquième place européenne est partie pour plusieurs équipes. Parmi ces équipes, il y a le SRFC et l’ASSE qui se déplaçait ce soir là en Bretagne pour le compte de la 29e journée de championnat. Comment cela s’est-il passé ?
Roazhon Park  - 25 655 spectateurs - arbitre central : Benoît Bastien.
Le spectacle a été très agréable. Tout au long de la partie, les deux équipes ont proposé du jeu avec des gardiens de but très efficaces, Ruffier comme Koubek et puis deux buts donnant un résultat nul en fin de partie. C’est l’ASSE qui a ouvert le score avec Subotić (0-1,35e) et puis comme depuis plusieurs matchs, le SRFC va égaliser avec Sarr (1-1, 86e) en fin de match. Pour revenir au SRFC, l’équipe propose un beau jeu, une équipe cohérente, des jeunes joueurs comme Hamari Traoré qui savent jouer ensemble. Ce dernier est peu mis en lumière et pourtant il abat un travail considérable sur son côté droit. Devant, derrière, il est au four et au moulin, excellent ! Une nouvelle recrue très courageuse, un super achat !
Un SRFC avec cinq matchs sans aucune défaite, cela fait bien longtemps que nous n’avions pas vu une chose comme celle-ci. Peut être une place européenne en fin de saison mais ce qui est à retenir aujourd’hui c’est ce SRFC séduisant pour les supporters des rouge et noir, une équipe qui se bat jusqu’au bout, des joueurs concernés par le club, cela vous porte ! Prochain match samedi contre Bordeaux, une équipe difficile à manœuvrer…
Allez Rennes !

 

Humeur vagabonde

par Bernard Le Guével

Être nez quelque part

Ah ! Monsieur Corneille ! Quel génie d'avoir un jour écrit cette tirade : « Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années » !
Quant aux âmes bien nez, on n'en parle guère. Si je vous parle de nez c'est que je connais quelqu'un qui s'est fait écrabouiller le nez le week-end dernier au cours d'un match de football. Le malheureux s'est ramassé un coup de genou en plein le nez, coup porté de façon plus ou moins volontaire selon certains témoins. Un coup bas dans le haut du visage ! Apparemment, l'état du nez après cet incident n'était pas joli à voir. Certains ont assuré que le pauvre footballeur avait le nez et pâté.
Il faut savoir que le nez proprement dit ne contient pas d'os mais du cartilage et non pas du Carthage comme dit Ali, un ami tunisien qui dit aussi que le papier métallique qui enveloppe les tablettes de chocolat, c'est de l'Ali-mignonne.
Pour en revenir à notre jeune footeux, le coup porté était si violent que certains de ses camarades ont cru un moment qu'il avait avalé son nez. Sûr que si cela avait été le cas, sa voix aurait été sensiblement modifiée : il aurait parlé du nez.
Fort heureusement, le nez n'avait pas été avalé. Il avait cependant été dévié de son emplacement originel. Il paraît que le sang pissait dans le lavabo. Rien de plus normal que d'avoir du sang dans un lavabo pour un nez dévié. Il paraît que le gars n'a pas eu terriblement mal. Un peu étonnant, mais il était peut-être à nez-sthésié par le choc ? Toujours est-il que le lendemain, quelques plaisantins ont dit que le pauvre footballeur en avait un coup dans le nez. Ce que d'autres, très malintentionnés, ont traduit de façon douteuse. Et encore heureux que le blessé ne soit pas tombé sur une bouteille cassée après le coup de genou sinon, avant de l'opérer, il aurait fallu lui tirer les verres du nez.
Vous allez sans doute penser que tout cela est vraiment anecdotique que des gars qui se blessent au foot, il y en a tous les week-ends. Certes. Cependant, habituellement, quand on vit entre gens civilisés et que l'on porte atteinte à quelqu'un il y a, au strict minimum, des excuses à faire. Si le coup est volontaire (l'était-il dans ce cas-là?), il y a la justice pour faire valoir les droits (et les nez de travers) de la victime. Et là ? Rien du tout ! Pas l'ombre d'une excuse. Pas un coup de fil de la part des responsables de l'acte (joueur agressif, dirigeants de son club) pour prendre des nouvelles du blessé. Pas un carton rouge pour l'assaillant. Il méritait pourtant bien carton rouge sang, non ?
On appelle ça la planète foot ! La planète rien à foot oui ! Et on voudrait que nos enfants soient respectueux, agréables, fair-play... C'est compliqué pour eux avec des exemples aussi pitoyables.
Je ne suis pas en train de dire que tous les clubs de foot, tous les footeux, tous les dirigeants de clubs sont à mettre dans le même panier. Il en existe qui font de l'éducatif, j'en connais. Mais il faut bien admettre que c'est souvent dans le foot que ce genre de violence impunie arrive. Avec de tels comportements, on ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez ! Y songer un peu pourrait s'appeler avoir le nez creux, non ?

 

« LES CAOSERIES A MATAO »

par André Le Coq

93 400 000 000

Clés pour la lecture : ao = «aw» ( caozer ); ë = «eu» (rouchë); eû = «ew « (veû); ée = «eille», «euille « (veprée); ei : è, éi; ae = « é,ë,è,a « (chantaet) ; pll =» pl» ou «pi» (pllace); bll = « bl «ou «bi» (bllé);cll = “cl” ou “qi” (cllos).Gh = «dj « (gheter). Qh = «tch» (qhi).

- Eh ben , Matao, pour lire tout dret san bourder la venue de chiffrs qe n ' y a dan le titr, faot s'erqhuler un ptit e prendr son respire ou y étr contabl a pllein temp. 93 400 000 000.
- Vè. 93, 400 miliards
- C'ét drôle, més dit de méme, ça ne fet pas pareil. Qand tu le vais marqë , tu prend un coup de tampon. D'oyou qe tu l'atire le chiffr-la ?
- C'ét ce qe les multinationales du CAC 40 - Sanofi, BNP Paribas, Total, Axa, LVMH, Le Credit agricole, L'Oréal...- elijite en 2017. Les 40 societës en qhesssion sont rendues a l'eraz des anées 2006-2007, avant la berouée qi hejit l'economie de la planète come jamés depés 1929. Permier, la mondialisation lou ét a profit, la creissance s'erchome, les banqes centrales egâillent de la mona qi ne coute pas chiëre. Més la ne derubele pas hardi.
- De qhi qe tu conte ?
- T'as pas souvenance de la « théorie du ruissellement » ?
- Qhele « théorie » q'ét la « théorie » ?
- Pour dire vif, les economists liberaos sonjent qe si la haote penaossée s'enrichit, le monde ordinére en profiteront tertous.
- Pas meins, n'ét pas a caoze qe ton vaizin rouche come qatr qe t'en sera de mieû. Ni li non pus .
- Je sé d'aviz. Ao parsu la banqe uropeyene se tabute de vair qe les saléres en Urope sont ben de trop bas !
- Fin de conte, ça pompe ben pus fort qe ça ne derubele.

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-Eh bien pour lire sans hésitation cet alignement de chiffres, il faut prendre du recul et sa respiration à moins d'être comptable à temps plein. 93 4000 000 000.
- Oui. 93,4 milliards.
- C'est curieux, présenté ainsi, l'effet n'est pas le même. Alors que la vue des chiffres alignés crée un choc. Ils viennent d'où ?
- C'est ce que les multinationales du CAC 40- Sanofi, BNP Paribas, Total, Axa, LVMH, Le Crédit Agricole, L'Oréal...- ont gagné en net en 2017. Les 40 sociétés en question sont revenues au niveau des années 2006-2007, avant la crise qui a secoué la planète comme jamais depuis 1929. La mondialisation leur a profité, la croissance repart, les banques centrales déversent de l'argent bon marché. Mais ça ne « ruisselle » pas beaucoup.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu ne te souviens pas de la « théorie du ruissellement » ?
- Qu'est-ce que c'est que cette « théorie ? »
- En bref, les économistes libéraux pensent que si la haute société s'enrichit, les gens en profiteront tous.
- Ce n'est parce que ton voisin mange comme quatre que tu en profites. Lui non plus.
- Je suis d’accord. D'ailleurs la Banque centrale européenne s'inquiète de voir que les salaires en Europe sont bien trop bas !
- Finalement, ça ne « ruisselle » pas, ça pompe.