Nos chroniques de l'édition du 14 avril 2018

Nos chroniques - NOS CHRONIQUES

La gazette de Théophraste

par Elie Geffray

Dois-je prévenir Macron ?

Au saut du lit, ce lundi matin, on a le tournis. A peine a-t-on eu le temps de se reposer, et voici que la télé, la radio, les réseaux sociaux et les journaux nous rappellent à la réalité. Et la réalité désormais, ce sont les réformes. Celles qu'on vient à peine de digérer, celles qui sont en cours et celles qui sont annoncées. Le journal « Les Echos » titre : « Six réformes sociales en 18 mois », alors que l'Express prévoit pour le Gouvernement « huit chantiers à risques .» Et pour ne pas être en reste, « L'Express » relève « les 10 défis de Macron. » Réforme du code du travail – de la CSG – de la formation professionnelle – de l'assurance-chômage – de l'apprentissage – des retraites – de l'immigration – de la Justice – de la Constitution – de la sécurité routière – de la bioéthique. Et bien sûr, la reine de toutes les réformes, qui est prétendue impossible : celle de la SNCF...

Autres nouvelles : la France est en colère. Certains syndicats organisent des grêves dures, mais à temps partiel, deux jours sur cinq. Les deux autres jours, je ne sais pas. Mais la colère, c'est tous les jours : les cheminots et les fonctionnaires sont en colère, les retraités  manifestent, mais rentrent à l'heure pour « Les chiffres et les lettres » ; les motards sont fumasses, de même que les fumeurs et les buralistes, tandis que les écolos s'en prennent plein les poumons et s'égosillent d'indignation ; les routiers brûlent des pneus ; les paysans sont découragés : « Ça eu payé mais ça ne paye plus » ; les consommateurs menacent de se serrer  la ceinture, mais ne maigrissent pas ; les locataires et les propriétaires sont excédés, mais  pour des raisons inverses ; les soignants n'en peuvent plus ; les hopitaux se déglinguent ; les patients s'impatientent ; les enseignants exercent « leur droit de retrait » ; les étudiants protestent, et en général « ils sont contre » ; les féministes sont outrées ; les militaires, les gendarmes et les policiers sortent de leur réserve ; les petits commercants baissent les bras, et peut-être même le rideau ; les taxis klaxonnent ; le monde rural veut exister  (quelle prétention !) Quant aux contribuables, ils sont en surcharge.

Bref, c'est tout le pays qui est en colère. En y regardant de près, je me demande si, bientôt, les morts eux-mêmes ne vont pas s'y mettre, en dénonçant l'inconfort des cimetières. Déjà que dans la case précédente, à l'hopital, ce n'était pas terrible.

Résumons-nous. En me réveillant ce lundi matin, je découvre un gouvernement qui réforme, et une France qui manifeste, arqueboutée contre les changements en cours. Mais n'est-ce pas finalement dans l'ordre des choses. La France est pour la révolution, mais statique. Elle est la championne de l'insurrection et « en même temps » du statu-quo. Son modèle, c'est Fernand Reynaud, lorsqu'il mime un défilé militaire d'un air martial et décidé, au pas cadencé, tout en faisant du sur place. Alors que le Gouvernement, lui, veut, tout bêtement et naïvement, réaliser les réformes annoncées. Non ! Il suffisait de les mimer ces réformes, sans rien changer. Au pays de Fernand Reynaud, c'est comme ça que ça se passe. On n'a pas l'air de le savoir en haut lieu. Dois-je prévenir Macron ?

Théophraste, trop accroc au changement.

 

Humeur vagabonde

par Bernard Le Guével

La cabine téléphonique et les cabinets publics

Alors, celle-là, elle est bien bonne ! Ça ne m'était encore jamais arrivé ! Vous savez sans doute que dans notre petite commune, les Agités de la Rosette organisaient dimanche un concert de piano. Un matin de la semaine qui devait voir ledit concert, je me fais la réflexion qu'il n'y a pas beaucoup d'affiches dans le bourg. J'en prends illico trois ou quatre et je file les coller dans la cabine téléphonique qui est toujours en place bien que totalement inutilisée. La dernière que j'ai vu quelqu'un téléphoner dedans, c'était un jeune qui appelait de son portable ! Tiens me suis-je dit ce jour-là, ça doit mieux capter dans les cabines.

C'est pas comme mon voisin qui m'a annoncé l'autre jour qu'il avait enfin acheté un téléphone portable sans fil. C'est vrai qu'un portable, c'est important mais avec du fil au bout, ce n'est pas un portant. C'est un peu comme ce type qui a acheté une voiture électrique à autonomie illimitée mais qui est obligé d'avoir un camion à le suivre avec un enrouleur électrique adapté à la distance qu'il a prévu de parcourir.
Bref, je colle mes affiches dans la cabine téléphonique. Dehors, on ne pouvait pas tellement en mettre vu qu'il pleut pratiquement tous les jours. J'aurais peut-être dû essayer puisque c'était un concert de piano : on aurait eu un piano aqueux.

Après avoir collé mes affiches je rentre chez moi, fier du devoir accompli. L'après-midi, je vais sur la place du village faire une petite course au bistrot du coin. Et là stupeur ! Je vois mes quatre affiches se balancer au bout d'une grue. Ah que ! (Hommage à Johnny) Le piano à queue à aqueux qui embarqué par un grutier peu soucieux de la culture. Précision très importante : mes affiches se baladaient au bout d'une grue mais elles étaient toujours collées sur la cabine !

Incroyable ! La cabine trônait là depuis des lustres (bien qu'elle ne fût pas éclairée par des lustres). Des dizaines d'organisateurs en tous genres y avaient déjà collé des affiches. Et il a fallu que ce témoin de notre passé téléphonique s'en aille du village quelques heures seulement après que j'y ai collé mes affiches toutes neuves. Franchement, ça l'affiche mal, vous ne trouvez pas.

Je m'en fus aussitôt à la mairie, protester solennellement contre cet enlèvement brutal. Solennelle ou pas, ma protestation ne servait à rien puisque la mairie n'avait rien à voir là-dedans. Mais c'était bien essayé me dit le maire. Sauf qu'il ne s'agissait pas d'une cabine d'essayage.

Le progrès ! C'est le progrès : plus besoin de cabines téléphoniques. La prochaine fois que je passerai à l'imprimerie pour faire tirer des affiches, je serai obligé d'en demander quatre de moins vu que je ne pourrais plus en coller dans la cabine.

Je vais éviter d'en coller dans les toilettes publiques, des fois qu'ils décideraient d'enlever les WC avec une grue sous prétexte que depuis qu'il y a les portables, on peut aller aux toilettes n'importe où tout en téléphonant.

 

Ao pus fort la pouche

par Michaël Genevée

32e pâssée de ligue 1 2017-2018 OGCN 1-1 SRFC - Ao balant !

Après avair ercepë merqerdi ao sair l’ASM, le SRFC s’olandaet diq’a Nissa pour un mach net conseqent. Vére dame, les deùz aoqlées la s’entr-batent pour la cinqième pllace uropiène au renjement. Parai come le SRFC, l’OGCN a zû du deü a crocher den la sézon li meins gernich a gernai, il ont montë les degrës pour paisser es siens de devant. Coment q’ela se tournit ?

Carée de jourie : Allianz Riviera - 23 827 de monde - maitr-departou : Jérôme Brisard.

‘la fut les jouous de Nissa qi futent cllers les permiers ansurqetout, le mirabiao Pléa qi de dehô la carée ao gardou berton poqhe la balotte meins Gélin su la vae atrompe Koubek (1-0, 17e). Dede la, les niçoués vont mettr la patte su la balotte pasmeins, diz minutes par après, Zeffane, minz en pllace de Danzé, verde su son cotë a li e envaye la balotte den le mitan. Bourigeaud la hape e atrompe Benitez. Par le fét, il mét les deùz éqhipes ajeü (1-1, 27e). Un petit avant la mi-jeü, Bourigeaud manqe d’atromper core le gardou de l’OGCN du mitan de la carée meins Benitez se doune garde e envaye la balotte par dehôs. Diq’a l’about, n’i ara de pus en pus de bedâilles, pasmeins, Nissa a zû qheuq’z arivâs o parèm Pléa ou ben core Cyprien meins pour de ren.

A vû la pâssée de jeü, ét de nature a ce qe les deùz éqhipes seijent contr-contr au renjement. D’un bord come de l’aotr, n’i a de bièles jouries e des jouous qi s’entr-savent su la carée. Anet, Rene ét tenant paisséy a la cinqième pllace. Mézë ét de vaer coment q’ela va se tourner contr Metz q’a prinz ene mondite pilée contr l’OL su cte pâssée de ligue 1. Rend’ous ao Roazhon Park samadi ao sair pour nan savair pus long !

Aléz Rene !

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32e journée de ligue 1 2017-2018 OGCN 1-1 SRFC - A l’équilibre !

Après avoir reçu mercredi soir l’ASM, le SRFC se déplaçait à Nice pour un match important. En effet, ces deux équipes se battent pour la 5e place européenne. Comme le SRFC, l’OGCN a eu du mal en début de saison mais petit à petit ils ont su se reprendre pour accrocher les équipes du haut de classement. Voyons comment les choses se sont déroulées ?

Allianz Riviera - 23 827 spectateurs - arbitre central : Jérôme Brisard.

En début de partie, ce sont les joueurs de Nice qui furent plutôt entreprenants. L’excellent Pléa, en dehors de la surface du gardien breton, frappe la balle qui touche Gélin et trompe Koubek (1-0, 17e). A partir de ce moment là, les niçois prennent en main le jeu pourtant, dix minutes plus tard, Zeffane, titulaire à la place de Danzé, file sur son côté et envoie la balle dans le centre. Bourigeaud l’attrape et trompe Benitez. Ainsi, il met les deux équipes à égalité (1-1, 27e). Peu avant le repos, Bourigeaud est tout prêt de tromper encore le gardien de l’OGCN du milieu de terrain mais Benitez, vigilant, envoie la balle à l’extérieur. Jusqu’à la fin, il y aura de nombreuses fautes et Nice aura plusieurs occasions par Pléa ou encore Cyprien mais sans changement au niveau du résultat.

Au regard du match, il est normal que ces deux équipes soient si près au classement. D’un côté comme de l’autre, le jeu est agréable et les joueurs savent jouer ensemble. Aujourd’hui, Rennes reste encore cinquième. Désormais, il faut se projeter sur le match suivant contre Metz qui a pris une gifle contre l’OL sur cette journée. Rendez-vous au Roazhon park samedi soir pour en savoir davantage !

Allez Rennes !

 

« LES CAOSERIES A MATAO »

par André Le Coq

Vitement / rapidement

Clés pour la lecture : ao = «aw» ( caozer ); ë = «eu» (rouchë); eû = «ew « (veû); ée = «eille», «euille « (veprée); ei : è, éi; ae = « é,ë,è,a « (chantaet) ; pll =» pl» ou «pi» (pllace); bll = « bl «ou «bi» (bllé);cll = “cl” ou “qi” (cllos).Gh = «dj « (gheter). Qh = «tch» (qhi).

- C'ét ben cneû, Gllaome, on porte cas mézë a la vitesse, ao mouvement, és chanjements, és nouviaotës qi ne se donent pas le tour...
- San q'on seije en paine si c'ét gandilleû ou fonabl.
- Vè. On sonje une fai le coup passë. Parem, on dit astourci qe les lignes de trains a grande vitesse, c'ét tenant de coutaije e qe le restant des lignes part en degaloua.
- Les temps-ilë, les TGV sont come les aotrs , y en a hardiment qi demeurent bourdës a qhè pour qhoqes uns qi mouvent.
- Vè, e qand les qhès ne sont pas net su le bas, les veyaijous s'entr portent tous, a qhi de monter dan yun des trains q'ét pour parti.
- Etr su le qhè, parti, les deûz mots vont l'un cantë l'aotr.
- C'ét pour ela, seben, q'on a veû se lever des « Quai des imaigs » ou ben« Qhai des rêves » pour nomer des sales d'espectacl ou de cinéma.
- Je crais qe le monde qi pernent tous les jous le train pour aler travâiller vayent grand réverie a y étr agourmitës e mal a lou z'éze souventes fais.
- C'ét vrai. Ao parsu on en vait qi, une fai montës, atirent lou z' ordrinouère e se mettent a l'ouvraije.
- Dame, j'ons pas le temp de fére une muzée, de se penser, méme si , a mode du poéte, « un train qui siffle dans la nuit c' est un sujet de poésie »
- Qhi qe tu dis don ! N'y a ben du temp demézë qe les trains ne subèlent pus !

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- C'est une chose bien connue, la vitesse est ce qui nous intéresse de même que le mouvement, les changements, les nouveautés qui se bousculent...
- Sans que l'on se soucie des suites utiles ou dangereuses.
- Oui, on y pense après coup. Par exemple, longtemps le TGV a été la fierté de la SNCF, maintenant il est admis que la construction est trop coûteuse et que le reste du réseau en a subi les conséquences.
- Ces jours-ci, les TGV sont comme les autres, ils sont bloqués en nombre à quai pour les quelques uns qui circulent. Quand les quais ne sont pas déserts, les voyageurs se pressent pour essayer de trouver une place dans le train en partance.
- Être sur le quai, partir, les deux mots vont ensemble.
- C'est pour cela, sans doute, que l'on voit « Quai des images », « Quai des rêves » désigner des salles de spectacle, ou de cinéma.
- Je crois que prendre tous les jours le train pour aller au travail ne porte pas précisément à la rêverie surtout si le train est bondé et peu confortable.
- C'est vrai. D'ailleurs, beaucoup une fois installés sortent leur ordinateur et se mettent au travail.
- On n'a pas le temps de s'accorder une pause, de penser, même si, comme le dit le poète, « un train qui siffle dans la nuit, c'est un sujet de poésie »
- Qu'est-ce que tu racontes ! Il y a bien longtemps que les trains ne sifflent plus.