Les oiseaux des jardins se meurent

Saison - SAISON

Mangeoires et abreuvoirs non désinfectés causent la mort des oiseaux des jardins. Le Groupe d’Etudes Ornithologiques des Côtes-d’Armor demande l’arrêt du nourrissage à l’heure où la nature offre aux oiseaux des ressources abondantes.

Le Groupe d’Etudes Ornithologiques des Côtes-d’Armor (GEOCA) tire la sonnette d’alarme. Depuis 3- 4 ans, un phénomène inhabituel se produit en Bretagne: la mortalité des oiseaux du jardin. Afin de comprendre la situation, une grande enquête est lancée. Tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice.

Chaque année, le GEOCA met les bretons à contribution sur la base du volontariat en les faisant participer à l’opération de comptage hivernal des « Oiseaux des jardins » afin de mieux connaître la situation sanitaire. Depuis 3-4 ans, une mortalité inhabituelle est constatée, essentiellement chez le Verdier d’Europe, une espèce en déclin sur tout le territoire français. Durant l’hiver 2016-2017, les remontées de l’enquête de comptage faisaient état de 718 cadavres d’oiseaux sur toute la Bretagne. Plus alarmant, depuis la mi-mars, est observée une recrudescence d’oiseaux morts ou malades. Faibles, peu réactifs, immobiles ou chancelant, les plumes gonflées, une respiration difficile sont autant de symptômes communs relevés. « Les maladies se transmettent chez les oiseaux via les fientes, la nourriture ou l’eau contaminées » précise le GEOCA.

Stopper le nourrissage

Pour limiter la propagation de l’épidémie, il est fortement recommandé de stopper tout nourrissage à l’aide de mangeoires. Le nettoyage de celles-ci et des abreuvoirs est en effet souvent négligé, ce qui est un facteur de détérioration d’hygiène des oiseaux et de transmission de maladies telles la salmonellose et la trichomonose. D’autres peuvent aussi être atteints par des virus (variole aviaire) ou des mycotoxines. « Au printemps, les ressources nécessaires à la nidification des oiseaux des jardins sont abondantes dans la nature (insectes, bourgeons, baies, etc.), et les apports de nourriture par l’homme ne sont pas nécessaires » prévient le GEOCA.

Afin d’évaluer l’importance de ce phénomène croissant et d’aider à trouver des solutions, toute personne concernée est invitée à participer à cette nouvelle enquête sur la mortalité des oiseaux des jardins.  Il faudra détailler les conditions de découverte (date, lieu, nombre de cadavres, espèce, si le nourrissage a encore lieu...) et si possible joindre une photo. Si plus de trois cadavres sont observés, le GEOCA qu’il faudra contacter rapidement, se chargera d’effectuer des analyses en laboratoire. Les données récoltées seront ensuite analysées à l’échelle nationale par la SAGIR, le réseau de surveillance épidémiologique des oiseaux et des mammifères sauvages terrestres en France.

Pratique : Les observations sont à transmettre par mail : bougezpourlanature [at] orange.fr ou sur www.geoca.fr