La voiture électrique est-elle une fausse bonne idée ?

Economie

La dernière conférence Mené la transition de la saison a abordé la voiture électrique, ses avantages et ses inconvénients.

Nicolas Meilhan, ingénieur spécialiste des transports, a son idée sur la voiture électrique et la voiture de demain. Invité par la commune nouvelle dans le cadre de la convention TEPCV (territoire à énergie positive pour la croissance verte) entre Le Mené et le ministère de l’environnement, il animait la dernière conférence de la seconde saison de « Mené la transition » face à une trentaine de personnes.

Après avoir abordé des thématiques liées à l’énergie, l’agriculture ou l’habitat, c’était au tour de l’évolution des transports et de la mobilité d’être décryptée au cours de cette soirée dédiée à combattre les idées reçues, notamment sur la voiture électrique.
Quelle est la voiture de demain ? Est-ce vraiment la voiture électrique ? Souvent présentée comme la solution idéale pour « décarboner » le transport, améliorer la qualité de l’air et diminuer la dépen­dance aux énergies fossiles qu’il faut dorénavant aller chercher en Arctique ou dans les grands fonds marins, « la voiture électrique est une solution seulement si son carburant (l’électricité) est issu de sources d’énergies renouvelables. Or dans le monde, 40% de la production d’électricité est réalisée dans des usines à charbon qui rejettent quantité de Co2 et autres polluants » soulève Nicolas Meilhan. En France, l’électricité est produite majoritairement par du nucléaire, la part des énergies renouvelables comme l’éolien et le photovoltaïque ne représente que 5% de la production française. Il s’agit donc bien d’une électricité « décarbonée » mais nucléarisée. Rouler en voiture électrique est donc plus ou moins polluant en fonction de l’origine de l’électricité.

Batteries

Rouler électrique est parait-il un geste respectueux de l’environnement. Toutefois, qu’en est-t-il des batteries qui permettent de faire
rouler ces voitures ? Quasi impossibles à recycler, leur production par forage est source de pollution de l’air, de l’eau et des sols et vient déstabiliser le cours des métaux rares, indispensables à leur fabrication. Les coûts du cobalt et du lithium ont explosé car ces métaux sont géographiquement concentrés dans un petit nombre de pays. « Leur situation de quasi-monopole leur permet de rester maitres des prix. Le lithium a triplé en trois ans et le cobalt a presque doublé en un an. On est en train de passer d’un problème de disponibilité de carburant-pétrole à des difficultés d’approvisionnement en métaux » informe l’intervenant.

Réseau électrique

Nicolas Meilhan pose aussi la question des coûts d’investissement pour renforcer le réseau électrique. « Si la voiture électrique devenait majoritaire demain, le réseau ne serait pas assez puissant pour approvisionner toutes les voitures et les pics de consommation risqueraient de faire sauter le réseau local (on pense forcément à la Bretagne…). De lourds investissements seraient nécessaires pour adapter les infrastructures en place. » Pour lui, la question de l’évolution de la voiture de demain se pose bien plus dans ses usages qu’en terme de carburant utilisé.

Quelle mobilité pour demain ?

Comment nous déplacerons nous alors ? « L’enjeu des années à venir sera lié à la réduction de la quantité de carburant par voyageur par kilomètre » affirme encore le conférencier.
Première solution : construire des voitures plus légères et plus petites, à la mécanique simple, et avec le moins d’options possibles (GPS, ordinateur intégré, climatisation) afin de réduire les consommations de carburants. Il prend en exemple la Mathis Andreau 333, une voiture construite en 1946. Alors que nos véhicules d’aujourd’hui pèsent souvent plus d’une tonne et consomment 6 litres/100km, celle-ci pesait 385 kg pour 3,40m. Elle transportait 3 personnes jusqu’à 105 km/h et consommait 3,5 litres par 100 km. Un rêve pour tous les propriétaires de voiture !
Deuxième solution : laisser de côté la voiture pour une courte distance et lui préférer des modes de déplacement doux comme le vélo ou la marche. Cette solution peut être toutefois inenvisageable par les ruraux qui ont de grandes distances à parcourir chaque jour.
Troisième solution et certainement la plus simple à mettre en œuvre pour tous les habitants de la campagne : le covoiturage qui permet d’augmenter le nombre de voyageurs par trajet.

Des idées ?

Si vous avez des idées de thèmes ou de conférenciers, s’il y a des personnes qui vous aimeriez voir venir au Mené, contacter le service développement durable au 02.96.31.47.17 ou par mail developpement-durable [at] mene.fr