En 205 ou en 4x4, ils roulent pour un raid au Maroc

Territoire

Après l’Europ’Raid en 2017, Hugo et Antoine (à gauche) repartent pour le 1er Nomad raid, un périple en voiture culturel et solidaire au Maroc ; pour la première fois Noémie (à gauche) et Katell (à droite) partiront pour un rallye-raid solidaire au Maroc, en octobre. Les garçons rouleront en 205, les filles en 4x4.

Hugo Béchu et Antoine Fantou habitent sur le territoire de Lamballe Terre et Mer, l’un côté terre à Eréac, l’autre côté mer à Erquy ; Noémie et Katell ont grandi sur celui de Loudéac Communauté Bretagne Centre, elles étaient scolarisées ensemble à Merdrignac. Ces quatre jeunes gens aux horizons et univers bien différents s’apprêtent à se lancer dans un raid solidaire au Maroc. Avec leur Peugeot 205 bleu layette, les garçons sont fin prêts pour le départ du premier Nomad Raid ce dimanche 10 février; les filles suivront en octobre prochain en 4x4 rose et blanc pour le Trophée Roses des Sables.

Hugo et Antoine, un équipage IZI Riderz
Dernier tour d’horizon avant le grand départ tant attendu dimanche. Hayon ouvert, sièges arrière ôtés, Hugo inspecte méticuleusement le contenu du coffre de sa 205 génération de 1997. « Un jerrican, une malle avec du matériel de camping, une autre pour les vêtements, une caisse à outils, un pneu de rechange, un extincteur, une pelle, voilà à peu près avec quoi on s’en va. Il y a aussi deux vélos enfants et des vêtements chauds destinés aux populations nomades du sud du pays. »
Hugo, 22 ans et Antoine, 23 ans, ne partent pas en balade au Maroc ; pour la 2e fois, ils se lancent dans la riche aventure d’un raid solidaire. « En 2017, nous étions sur l’Europ’ Raid, 10 000 km à travers 20 pays de l’Est en 22 jours. Une expérience inoubliable. Le but était de livrer du matériel scolaire, nous c’était en Bosnie-Herzégovine. » Alors, quand en décembre dernier, les organisateurs lancent un appel permettant à dix anciens équipages de l’Europ’Raid de participer à la toute première édition de Nomad Raid au Maroc, afin de livrer vélos et vêtements aux habitants de l’Atlas, les garçons décident de relever le défi.
Hugo circule chaque jour avec la voiture, il sait qu’elle tient la route, d’autant plus qu’elle est entretenue dans le garage familial à Eréac. « En revanche, on n’a eu que deux mois et demi pour la préparer, c’était chaud, mais on a eu la chance d’être soutenus par l’équipe du garage et notre entourage, le week-end tout le monde s’y mettait. Les sponsors ont aussi permis de diminuer les frais.» Car le ticket d’entrée à Nomad raid s’élève à  1 400 €, sachant qu’à cela il faut ajouter les frais de carburant diesel et de déjeuner soient environ 800 € et c’est sans compter les quelque 2 000 € investis dans la voiture. C’est un sacré budget pour deux jeunes étudiants, les nouveaux coups de pouce sont donc toujours les bienvenus.
Préparation du véhicule
La petite voiture cinq portes «  robuste et fiable » dixit Dominique le papa, qui avait été spécialement achetée pour l’Europ’Raid vient de subir de grosses modifications afin de l’adapter aux épreuves du désert marocain. Pour éviter les pierres et l’ensablement, la garde au sol a d’abord été rehaussée et la voiture « perchée » sur de plus grosses roues dotées de pneus à crampons. Les suspensions ont été renforcées et la prise d’air a été déplacée sur le toit afin d’éviter au maximum l’aspiration du sable. Une plaque de protection de 27 kg protège également le dessous de la voiture. Son petit côté Mad Max, associée à sa couleur bleue layette, lui confère un aspect sympa original. Pour sûr, elle ne passe pas inaperçue, même sur nos petites routes de campagne !
Sans parler de la grosse panne mécanique, s’ensabler serait le pire des scenarios pour les deux étudiants, alors Hugo s’est entraîné avec des plaques de désensablage… dans la boue. Et oui, faute de sable dans les terres, il faut bien faire avec ce qu’on a. « Pari réussi même si j’ai bien galéré » confie-t-il.
Pour la conduite, les garçons se relaieront. Ils savent que cela sera assez technique et avanceront lentement pour éviter la casse. Ils se connaissent aussi assez - depuis le lycée Saint Joseph à Lamballe- pour savoir que tout se passera bien entre eux. « Notre amitié est forte. On adore partir ensemble, on s’est déjà fait des périples à moto, en 4x4 et maintenant en 205.»
La culture marocaine
Pour Hugo qui passe une licence Sciences de l’éducation en un an après un DUT et Antoine en licence de droit, participer à ce raid, c’est aussi faire du tourisme de façon différente, c’est allier l’aspect solidarité à la découverte de nouvelles contrées et de cultures inconnues. « Le Maroc, c’est un rêve sur le point de se réaliser. Nous avons hâte de découvrir la culture marocaine et ses habitants. Dans les lieux plus reculés, nous serons dans le vif du sujet. »
Ils se sont aussi posés la question de l’environnement et se sont demandés si courir un raid au Maroc était en accord avec leur philosophie de vie. « Comme en 2017, notre projet a du sens. On est jeunes mais avec la tête sur les épaules et préoccupés par les questions d’avenir de notre planète. Les organisateurs du raid sont respectueux et sérieux, le but n’est pas de venir polluer le Maroc. Nous circulerons uniquement sur des pistes et routes pour ne pas dégrader la nature. Un raid de dix voitures, organisé dans les règles de l’art, n’est pas grand chose en termes de pollution comparé à celle générée par les firmes multi-nationales depuis des décennies. »
Du désert aux aurores boréales
Ce dimanche, le convoi des véhicules partira de Hendaye au Pays Basque, traversera l’Espagne puis le Détroit de Gibraltar avant le top départ donné au Maroc. Les équipages auront ensuite 5 000 km à parcourir dans le pays pour délivrer leur matériel aux populations des lieux reculés avant un retour à Marrakech prévu le mercredi 20 février. Cinq jours de désert sont au programme avec un bivouac à rejoindre chaque soir où le repas sera assuré. Côté météo, février est plutôt doux oscillant entre 15 et 20 °; en revanche les nuits peuvent  être froides avec des températures proches de 0° dans les régions montagneuses de l’Atlas et du Rif.  Pas de quoi impressionner notre équipe IZI Riderz, et encore moins Hugo qui pense déjà à sa prochaine destination : l’Islande « pour y observer les aurores boréales »

Pratique : pour apporter une aide aux frais de carburant et de déjeuner, contacter soit le 06 46 08 50 33 (Hugo) soit : antoineethugo.nomadraid [at] gmail.com et pour suivre leur périple, se connecter à la page Facebook : Équipage IZI Riderz - Nomad Raid 2019.

Delphine Jeannest

 

Katell et Noémie, Les Bigoudelles du désert
L’équipage 152 surnommé Les Bigoudelles se prépare pour la 19ème édition du Trophée Roses des Sables en 4x4, organisé par Desertour, instigateur du 4L Trophy. Katell Moisan et Noémie Douard sont originaires de Merdrignac et se connaissent depuis le collège Saint Nicolas. Perdues de vue pendant plus de 10 ans, elles se retrouvent en 2008 pour ne plus se quitter. Aujourd’hui Katell est commerciale et vit à Nantes. Quant à Noémie, maman de deux enfants, elle est conseillère de vente dans le prêt à porter et vit à Dinan. A 36 ans, les deux copines s’aventureront, du 15 au 27 octobre, dans le désert marocain pour une course d’orientation solidaire et 100% féminine.
Dans leur 4x4, les rôles ont déjà été attribués. Noémie n’a pas le sens de l’orientation et sera donc la pilote, ce qui donne pour mission à Katell de les orienter dans le désert. « Je vais devoir apprendre à lire un Roadbook. C’est un petit cahier qui nous donne toutes les informations et les indices nécessaires. Et pour se guider on aura qu’une boussole et une carte. » Heureusement pour elles, ce n’est pas une course de vitesse. « Pour gagner il suffit de passer à tous les checkpoints et de faire le moins de kilomètres possible. »
Le Trophée Roses des Sables n’est pas qu’une simple course d’orientation. En partenariat avec plusieurs associations, Desertour demande à chaque équipage d’apporter dans le désert marocain, un minimum de 50 kg de produits de toutes sortes. « On doit apporter des fournitures scolaires, comme des stylos, des cahiers ou des cartables. On nous demande aussi des vêtements, des produits d’hygiènes et de l’alimentaire. »  Les Bigoudelles et les autres participantes redistribueront leur cargaison aux enfants d’un village marocain.
Rose et blanc dans le désert
Rouler deux semaines dans le désert demande d’avoir un véhicule adapté. Par pur hasard, le seul garage fournissant des 4x4 spécifiques aux raids en Bretagne, se trouve à Merdrignac. Les deux aventurières sont retournées dans leur ville d’enfance pour rencontrer David Gesret, le gérant de MTT Auto, et lui louer un 4x4. « On aura un pick-up rose et blanc. David nous le prépare et au printemps, il nous formera pendant un week-end, avec d’autres équipages » indique Katell.
Pour préparer un véhicule, David a besoin de deux à trois semaines : « On doit protéger le moteur, le levier de vitesse et vérifier que les suspensions et les pneus sont adaptés. » Au Maroc, David sera sur place pour assister les équipages en cas de problèmes.
A la recherche de sponsors et de dons
Pour apporter leurs 50 kg de marchandises, Noémie et Katell espèrent recevoir beaucoup de dons et être soutenues par des sponsors. « On a besoin de 17 000€, en plus des dons, pour financer le 4x4 et payer l’inscription» confie l’équipage 152.  Le but c’est de « ne rien payer de notre poche ». Un premier sponsor les a déjà rejoint. Il s’agit de Smiile (anciennement Mon P’tit Voisinage, ndlr) un réseau d’entre-aide pour voisins. Les deux amies continuent de passer des coups de fils pour démarcher d’autres entreprises mais ont encore du temps. « On ne part pas tout de suite, on est qu’au début des préparatifs » se rassurent-elles. Pour être le plus visible possible, Les Bigoudelles ont investi les réseaux sociaux. C’est un moyen pour elle de se faire connaître et d’attirer les sponsors. Et s’il devait y avoir un surplus d’argent à la fin de l’aventure, Les Bigoudelles souhaiteraient le reverser à Autour des Williams, association qui soutient les familles dont les enfants sont atteints du syndrome de Williams, une maladie génétique.
Une aventure humaine rudimentaire
« On en avait toutes les deux profondément envie depuis qu’on est adolescentes » se remémore Kattel. Quand Noémie a entendu parler du rallye-raid, elle en a tout de suite parlé à son amie qui n’a pas hésité une seule seconde. « Noémie m’a dit que j’étais "sa seule copine assez barge pour le faire". J’ai tout de suite accepté » plaisante la commerciale. Elles savent toutes deux qu’elles devront sortir de leur zone de confort mais cela ne les effraie pas. « Ça va être un vrai challenge mais une super aventure humaine et solidaire. » Pendant le voyage les douches seront très rudimentaires, voire inexistantes. Pour Les Bigoudelles cette contrainte n’est pas vue comme un problème mais comme « un dépassement de soi ». Pour partir elles ne prendront que le strict minimum : sacs de couchages, tente, vêtements et de quoi manger. Avec les 50kg de fournitures, la place se fera rare dans le pick-up rose et blanc.

Pratique : pour apporter votre aide aux Bigoudelles, se connecter sur la cagnotte Paypal : Association Les Bigoudelles ou en les contactant : lesbigoudelles [at] gmail.com. Pour suivre leurs aventures, taper  Les Bigoudelles sur Instagram ou Facebook.

Charlotte Degruson