Des tricots pour les "prémas"

Loisirs

Le lendemain, la belle production de créations engendrée par le club de tricot local, rejoignait la maternité de Saint Brieuc.

Un lundi tous les quinze jours, sans faire de bruit mais déterminées, plusieurs dames se dirigent vers les locaux de la médiathèque, toutes animées par la même passion : le tricot. Durant quelques heures, au cœur des conversations, les aiguilles font (et parfois défont) de minuscules tricots destinés aux prématurés de la maternité de Saint-Brieuc.

Pour la 4e année, c’est une véritable chaîne de solidarité qui s’est installée autour du club local de tricot. Au départ, Marie-Lise Lemoine, l’épouse du maire, souhaitait aider les prématurés. Arrivée en retraite dans la commune, elle en parle autour d’elle et de fil en aiguille, les femmes se rallient à cette noble cause. Désormais, elles sont quatorze, en activité ou retraitée, à tricoter pour ces tout tout-petits de l’hôpital de Saint-Brieuc et les orphelins du département. Aucune  initiative de la sorte n’existe dans le département, alors ces brassières, gilets, bonnets, couvertures et chaussons tricotés avec amour et donnés avec cœur, sont une réelle aubaine pour ces services en demande, parfois en manque de moyens.

On ne tricote pas pour un prématuré comme on le ferait pour un jeune enfant. « Nos ouvrages doivent comporter le moins de couture possible, pas de gros boutons, ni de bande velcro, afin que les bébés ne se blessent pas » explique Nicole Houée qui a participé à une réunion dédiée au sein de l’hôpital. Depuis peu, suite à une nouvelle demande de celui-ci, nos joyeuses tricoteuses donnent également forme à des doudous pieuvres très originaux, destinés à réconforter les bébés.

Dons bienvenus

« Toute idée est bonne à prendre ! Nous recherchons également toute l’année, des dons de laine (acrylique aussi), des boutons et des catalogues de modèles. La chaîne de solidarité fonctionne aujourd’hui jusqu’à Paris et sa région, nous permettant de fournir une belle production annuelle de l’ordre d’une centaine de pièces » conforte Marie-Lise Lemoine.

Autour de la table, chacune est affairée à son ouvrage du jour tout en discutant avec les voisines devenues des copines, voire des amies. « J’ai débuté le tricot il y a deux ans sans rien y connaitre. Je voulais tricoter pour mes petits-enfants et j’ai trouvé le bonheur ici. Il n’existe aucun jugement porté sur les unes et les autres et les plus douées aident les novices comme moi » confie Arlette.

Tout près d’elle, Yvette a les doigts lestes et agiles. « Je fais un gilet en deux séances, les filles disent que je tricote vite, alors je leur donne mes tuyaux pour qu’elles en profitent à leur tour » dit-elle. Marie-Annick Le Yoncourt reconnait de son côté que « c’est bien agréable de se retrouver et de papoter tout un après-midi quand on est seule à la maison ». Ici en effet, le temps passe vite, trop vite peut-être pour certaines.

En tout cas, il est certain qu’à Lanrelas que le tricot est bien plus qu’un loisir, c’est comme toute autre activité culturelle ou sportive, il est un fort vecteur de lien social, indispensable dans nos campagnes qui n’en finissent plus de se vider… Alors désuet le tricot ? Certainement pas, c’est d’ailleurs la tendance mode de cet hiver !